BASTIA . Mr Hyacinthe de Montera

BASTIA . Mr Hyacinthe de Montera , ancien maire de Bastia en compagnie du préfet Charles Luizet .

Hyacinthe de Montera , Avocat (1876-1966 ). A été élu Maire de Bastia en 1937 et est resté durant 12 ans années , maire de la ville .

Dès le 4 dec 1938 , il clame sa haine des fascistes Italiens .

Le 2 janv 1939 , il reçoit le Président de la république Française Mr Daladier .

À cette occasion , devant 40000 personnes en liesse , il dit son refus aux prétentions de Mussolini d’annexer la Corse .

Destitué en 1941 par le régime de Vichy , puis Emprisonné par l’occupant Italien , il retrouva son fauteuil de Maire , à la libération .

Il fut grièvement blessé le 21 avr 1932 l’or de l’effondrement du toit du palais de justice , qui fit 20 morts et 30 blessés , alors qu’il plaidait .

Article :José Graziani

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MARTHE FRANCESCHINI, DITE DAVIA FRANCESCHINI, SULTANE DU MAROC (1756-1799) :

Alors qu’ils cultivent leurs champs près de la mer, Jacques-Marie FRANCESCHINI, son épouse Silvia MONCHI sont capturés, quelques mois après leur mariage, par des pirates tunisiens. Nous sommes en 1751. Conduits à TUNIS, ils sont achetés par l’intendant du DEY pour le compte de son maître. Surveillant des esclaves du DEY, Jacques-Marie gagne sa confiance, se révélant un bon administrateur, ce qui lui permet de se constituer une belle fortune. Il apprend un jour qu’un complot se trame pour assassiner le DEY et après hésitations, se décide à le lui révéler. Pour le remercier, celui-ci lui fait de riches cadeaux et lui rend sa liberté.

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Au cour de leur séjour à TUNIS, les époux FRANCESCHINI ont une fille, née le 25 avril 1756, baptisée le 29 du même mois par le Frère Stephanus Antonius, capucin de Gênes, préfet et provicaire apostolique de la mission de Tunis et des lieux voisins. (acte de baptême rédigé et paraphé par le père Stéphanus Antonius).

Libres, les époux FRANCESCHINI et leur fille Marthe quittent la Tunisie pour rentrer en Corse. Au cours du voyage, ils sont enlevés par des Marocains qui les conduisent dans leur pays. Ils sont vendus comme esclaves au Sultan Sidi Mohammed ben Abdallah qui confie à Jacques-Marie la direction des travaux du jardin impérial à Marrakech. Jacques-Marie a l’idée de faire parvenir au Sultan, un mémoire relatant le fait qu’il est sujet du Bey de Tunis à qui il a sauvé la vie et qu’il ne peut être considéré comme un étranger. Il est reçu par le Sultan devant lequel il se rend avec sa femme et ses deux enfants, Marthe et Vincent (Né à Marrakech le 29 novembre 1759).

Le Souverain est « impressionné par la grande beauté, la grâce et l’esprit » de la jeune Marthe » au point « d’ordonner qu’elle soit immédiatement emmenée pour faire l’ornement du sérail ». Marthe a alors 7 ans.

Jacques-Marie, son épouse Silvia et son fils Vincent regagnent la Corse. Leur troisième enfant, Augustin, naîtra à CORBARA. Il ne supporte pas toutefois l’absence de Marthe dont la présence au harem du Sultan est pour lui la pire des injures. Il conçoit donc le projet de retourner au Maroc. Il demande même l’aide de Pascal PAOLI qui lui conseille de « laisser sa fille suivre sa destinée ». Il arme un navire avec un équipage et part pour le Maroc. Le destin veut qu’il meurt au Maroc, à Salé, atteint de la peste.

Marthe est obligée de se convertir à l’Islam et reçoit le nom de DAWIYA (DAVIA). Le sultan dit d’elle qu’elle est « La plus belle rose de son harem ». Il apprécie en elle « la fraîcheur, le charme et la vivacité d’esprit ». En 1786, elle devient sa femme légitime, et Première Sultane. Dans son village, en CORSE, on la dit « IMPERATRICE DU MAROC ».

La beauté légendaire de DAVIA suscite beaucoup de jalousies. Le Sultan lui demande même de suivre des cours de droit coranique et obtient le diplôme de Talba (licenciée en droit), ce qui est quasiment unique à l’époque. Il la charge même « de la correspondance avec les cours européennes » et l’admet « à son conseil privé ». Son influence est immense sur la politique intérieure et extérieure du Maroc et a un grand ascendant sur les populations musulmanes. Elle a entretenu une correspondance avec la Reine d’Espagne et les deux femmes ont procédé à un échange de portraits.
Plus tard, DAVIA souhaite revoir sa famille. Son époux accéde à sa demande, et des envoyés du Sultan sont dépêchés à CORBARA, chez la veuve de Jacques-Marie à qui on remet une lettre de sa fille lui demandant de rejoindre le Maroc. La mère de DAVIA n’a aucune hésitation, et après intervention de Monsieur Chiappe, Consul de Venise au Maroc, LOUIS XVI charge le Vicomte Dubarin de Pélivier, Consul de France à Tanger, de délivrer les passeports nécessaires au voyage de la famille FRANCESCHINI. Ils sont reçus à la cour chérifienne « avec tous les honneurs dus aux princes de la famille impériale ». Ils s’installent dans la ville de LARACHE où DAVIA se serait retirée après le décès de son époux, Sidi Mohammed Ben Abdallah.

DAVIA meurt à LARACHE en 1799. Sa mère meurt dans cette même ville le 19 janvier 1811.

DAVIA a eu une fille, morte à l’âge de quatre ou sept ans.

Vincent FRANCESCHINI, son frère, sur intervention du Roi Moulay Sliman auprès de Premier Consul, est nommé Consul de France à Mogador. Après 1804, il se retire en CORSE, dans le village de CORBARA où, « avec l’argent gagné au service du Directoire et grâce aussi aux cadeaux de sa sœur et du Sultan, il fait construire une maison, située près de l’église, et qui est appelée « A CASA DI I TURCHI ».

Augustin FRANCESCHINI le dernier des frères de DAVIA, est né à CORBARA en 1772. Après quelques années de vie dans ce village, il part à PORTO-RICO en février 1829.

 

Jean-Pierre Gaffory

Jean-Pierre Gaffory, de son nom de baptême Gian Pietro Gaffory, est un médecin et un général, patriote corse né à Corte en 1704, puis assassiné en 1753 à Corte à l’âge de 49 ans.jean-pierre-gaffory.jpg

D’abord secrétaire du roi Théodore de Neuhoff, ainsi que « Président de la monnaie », Jean-Pierre Gaffory est nommé protecteur de la Nation corse en 1745 par une consulta réunie au couvent d’Orezza pour lutter contre Gênes, les chefs historiques de la rébellion étant tous partis en exil.

En 1746, il s’empare de la citadelle de Corte tenue par les Génois en faisant preuve d’une grande bravoure ; il se rend alors maître du centre de la Corse.

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En 1751, il est nommé général de la Nation.

Le 3 octobre 1753, il meurt dans une embuscade tendue par six tireurs, dont son propre frère, dans le quartier de Saint Pancrace à Corte.

Selon certains, cet assassinat a été commandité par les Génois ; pour d’autres, il s’agit d’une banale querelle de délimitation de propriétés avec la famille Romei.

La présence du frère de Giuvan-Petru Gaffory laisse supposer que, si différend de limites il y avait, Gênes a su en tirer parti pour commanditer un assassinat.

Il ne faudrait pas oublier que le roi Théodore a échappé à plusieurs tentatives d’assassinat. Éliminer les personnes qui gênaient n’était pas une chose rare à l’époque.

La maison des frères Romei (qui s’étaient enfuis) fut rasée, selon les témoignages de l’époque.

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Maison du général Gaffori

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Domenico Leca, dit U Circinellu (« le tout rond »), est un prêtre et résistant corse du xviiie siècle.

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Circinellu serait né en 1702 à Guagno, où il a été prêtre, ou à Ortu. Il serait grand de taille et aurait les cheveux roux. Nous pouvons penser que son surnom lui venait de ses cheveux. Il a fait des études à Rome c’est pourquoi sa maison s’appelait a casa romanaghja. Avec lui vivait sa sœur Anghjula-Maria Leca, surnommée Ritondella, qui avait perdu son mari et trois enfants à la guerre.

Partisan de Pascal Paoli et de l’indépendance de l’île, il est une figure de la résistance de la Corse. Il prêta serment sur son autel de ne pas déposer les armes tant que la patrie serait occupée. Il participe à la bataille de Ponte-Novo avec 60 hommes du village qui s’en sortiront. Après la défaite de Ponte Novu et la fin de l’indépendance de la Corse, il galvanise ses troupes et organise la résistance dans sa pieve. Sur son autel il jura « Paoli è Libertà », il refusera toujours de se soumettre aux Français (« i tradimentosi »). Mais il est traqué, ses biens sont dévastés et sa tête est mise à prix par les troupes de l’armée française.

Lorsque Guagno est brulé, il prend le maquis avec sa sœur (et/ou ses nièces). Pour que la répression ne s’abatte sur les siens et sa région, il s’enfuit pour le Fiumorbu. Il est retrouvé mort en 1771 par des bergers dans une grotte au-dessus du village d’Ania (commune de Serra-di-Fiumorbo), un crucifix dans une main, une arme dans l’autre. A Grotta di Circinellu existe toujours, symbole du patriotisme du clergé insulaire durant les guerres d’indépendance de la Corse.

L’église de Circinellu brulée durant la guerre fut placée sous la protection de san Niculau.

Peu d’études lui ont été consacrées alors que Circinellu est un personnage emblématique de l’histoire de la Corse.

Deux chansons lui ont été dédiées afin de l’immortaliser : une écrite par Francis Pinelli (1978), chantée par Antoine Ciosi puis par I Chjami Aghjalesi, une seconde de Maistrale chantée par E Voce di a Gravona.

 

L’entrée de la grotte-Napoléon en 1920

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(D’après un article paru en 1834)

Cette grotte tire son mérite principal des souvenirs de l’enfance de Napoléon qui y sont attachés. La tradition de ceux qui ont familièrement vécu avec ce grand homme durant son jeune âge est encore vivante à Ajaccio. Dans presque toutes les classes on trouve encore aujourd’hui des compagnons de ses jeux, et il n’en est aucun qui ne dise, avec une sorte de simplicité mêlée d’orgueil, quand on en parle : Era uno di noi ! C’était un de nous.

La maison de campagne où il fut élevé était un peu au-dessus de la ville, et la grotte est située sur la même colline et à quelque distance ; c’est là qu’il aimait souvent à se retirer, loin du bruit et de la distraction de ses compagnons. Il s’y cachait, dit-on, pour apprendre ses leçons avec plus de calme et de tranquillité ; cela peut-être, mais sans doute aussi que la nature et la position du lieu exerçaient sur son âme, qui ne se connaissait point encore, une attraction involontaire.

Pour un esprit commun tous les endroits sont bons ; il pense partout de la même façon, et les scènes qui l’environnent exercent sur lui peu d’influence. Les esprits d’un ordre supérieur ne partagent point cette sorte d’indifférence, et ils cherchent d’instinct le paysage dont l’inspiration leur convient, comme la plante cherche la lumière, l’oiseau la verdure. On pourrait dire que l’âme, lorsqu’elle commence à se développer et à grandir, se cherche elle-même un berceau qui aille à sa taille et à son habitude.

Quoi qu’il en soit de la vérité de ces réflexions que l’image de cette grotte nous remet en mémoire, jamais cachette d’enfant ne fut mieux à la mesure de celui qui l’avait choisie pour asile. Elle est formée par deux énormes blocs de granit éboulés du sommet de la montagne ; en roulant sur la pente ils sont venus choquer l’un contre l’autre en se servant mutuellement d’appui : il en résulte une espèce de voûte naturelle, à la manière d’une voûte cyclopéenne. Une extrémité est ouverte, l’autre bouchée par le talus du terrain, et dans le vide un homme se tient à l’aise.

C’est un beau spectacle que de se représenter ces rudes et pesantes masses de pierre se balançant l’une l’autre dans leur merveilleux équilibre, et suspendant leur chute pour abriter du soleil la jeune tête qui venait leur demander asile. Je n’ai jamais vu ces creux de rocher où les aiglons se tiennent en attendant que leurs ailes soient assez fortes pour s’ouvrir, mais je doute qu’il s’y trouve un caractère plus grand et plus sauvage que dans ce lieu.

La colline où se trouve la grotte est déserte et presque entièrement inculte ; elle est pleine d’aspérités et parsemée de blocs éboulés semblables à ceux-ci. Elle est tournée vers le midi, et la végétation en est presque africaine ; les plantes les plus abondantes sont des cactus à feuilles grasses et épineuses, s’élevant à huit et dix pieds de hauteur ; parmi celles-ci sont mêlés les buissons de myrtes et d’oliviers, les arbousiers avec leurs fruits rouges, et les grandes bruyères. Le silence n’est troublé que par le sifflement des merles voltigeant dans les broussailles, et par le bruit lointain de la mer roulant sur la plage.

La vue domine la ville et les vergers, et se repose sur les flots bleus du golfe ; la courbe immense de la côte est aride et sans villages, et la solitude, quand on regarde au-dessus de la ville, est aussi grande que celle du désert. En avant la pleine mer, en arrière les hautes cimes de la montagne d’Ajaccio, toute voisine des neiges éternelles du monte Rotondo. Voilà quelle est la grotte à laquelle Napoléon enfant a mis son nom, et qui , sans lui, serait encore perdue, peut-être, parmi les accidents ignorés de cette contrée rocailleuse.